fuites urinaires et périnée

Tout savoir sur l’incontinence urinaire chez la femme

Qu’elle soit anale ou urinaire, l’incontinence est une pathologie très fréquente chez les femmes. En France, plus de 6 millions de femmes souffrent de fuites urinaires !

La Dr Marine Lallemand, chef de clinique en gynécologie obstétrique au CHU de Besançon, spécialisée en pelvi-périnéologie nous en dit plus sur cette pathologie.

Qu’est ce que l’incontinence urinaire ?

L’incontinence urinaire chez la femme se définie par toute perte involontaire d’urine par l’urètre en dehors de la miction dont se plaint la patiente. Il s’agit d’une affection fréquente dont la prévalence augmente avec l’âge et qui touche :

  • 12% des femmes de 20 à 29 ans 

  • 25 % des femmes de 60 à 69 ans 

  • 32% des femmes de plus de 80 ans.

Chez la femme, l’incontinence urinaire peut apparaître à n’importe quel moment de sa vie. Bien entendu, des facteurs peuvent être déclencheurs des fuites urinaires comme la pratique d’activités physiques, la ménopause, une prise de poids rapide… 

3 formes principales d’incontinence

L’incontinence d’effort

L’expression “faire pipi dans sa culotte” lorsqu’on rit très fort, n’est pas forcément synonyme d’un moment incroyable. Quand cela arrive, c’est le signe d’un périnée fatigué. Autres symptômes : un effort physique comme soulever une charge lourde, éternuer ou simplement une toux qui provoque des fuites urinaires  plus ou moins abondantes. Si, à la fin d’une séance de sport, vous sentez une odeur inhabituelle et que vous vous sentez mouillée, il est temps d’agir, comme l’a fait Sandrine !

Ces efforts engendrent une augmentation de la pression abdominale sur la vessie. Lorsque le périnée est affaibli, cette pression dépasse l’intensité de fermeture du sphincter et entraîne des fuites involontaires d’urine

Cette insuffisance de la musculature du périnée est souvent la conséquence à plus ou moins long terme des accouchements. Cependant, elle peut être liée à un surpoids ou à un déficit hormonal lors de la ménopause. C’est le type d’incontinence le plus couramment retrouvé chez les femmes (51,3% des cas).

La danse contre l'incontinence urinaire

L’incontinence d’urgence

L’incontinence d’urgence, aussi appelée urgenturie ou incontinence par “impériosité”, se caractérise par une perte involontaire d’urine précédée par un besoin urgent et non maîtrisable d’uriner, sans avoir le temps de se rendre aux toilettes. L’impériosité peut être déclenchée par le froid, le contact ou le bruit de l’eau ou le retour au domicile (syndrome de la clef dans la porte). C’est le type d’incontinence le moins fréquemment rencontré (16,8% des cas d’incontinence).

incontinence urinaire
Incontinence par urgenturie

L’incontinence mixte

Il existe également des formes mixtes qui associent incontinence d’effort et incontinence d’urgence. Environ une femme sur trois (31,9% des cas) atteinte de fuites urinaires souffre d’incontinence mixte.

Finalement, peu importe l’incontinence dont vous souffrez, sachez qu’il existe des solutions pour les traiter ! Alors n’attendez plus car 2/3 des femmes qui souffrent d’incontinence ne consultent pas de professionnel de santé.

Comment savoir si on a des fuites urinaires ? 

L’incontinence urinaire se manifeste par des fuites d’urines involontaires en dehors de la miction.

Ces fuites peuvent survenir après un effort comme le rire, la toux, l’éternuement, la course, le port de charges lourdes. Elles peuvent aussi apparaître pendant des envies pressantes de faire pipi où la personne ne parvient pas à se retenir de faire pipi et n’a pas le temps d’atteindre les toilettes.

Qu’est-ce qui peut provoquer des fuites urinaires ?

La continence urinaire de la femme implique de multiples facteurs :

  • Musculaires : les muscles du plancher pelvien,  le sphincter urinaire et les muscles de la vessie (détrusor et col vésical).
  • Neurologiques : le cerveau contrôle la miction par l’intermédiaire de la moelle épinière.
  • Mécaniques : la mobilité de l’urètre.

Pourquoi a t-on des fuites urinaires ?

Lorsqu’un ou plusieurs de ces facteurs sont défectueux, des fuites urinaires peuvent apparaître.

Par exemple, l’incontinence urinaire d’effort surviendra à l’augmentation de la pression abdominale à l’effort en cas de faiblesse des muscles du périnée et du sphincter urinaire.

L’incontinence urinaire par urgenturie s’explique par la contraction involontaire des muscles de la vessie. Elle peut être due à une irritation de la vessie (une infection urinaire, un calcul dans la vessie, un polype de la vessie…), à une descente d’organes ou à une maladie neurologique (sclérose en plaque, maladie de Parkinson…).

Comment fait-on pipi ?

L’urine est créée par les reins en filtrant le sang. Elle s’écoule par deux conduits appelés les uretères, vers la vessie. La vessie se remplit progressivement. A partir d’un certain volume de remplissage, le besoin de faire pipi apparaît.

Pour ne pas avoir de fuite urinaire le mieux est de relâcher les muscles. Les muscles à relâcher sont : ceux de la vessie. Les muscles à contracter sont : le périnée et le sphincter urinaire. Lors de la miction, le sphincter urinaire se relâche volontairement et les muscles de la vessie se contractent ce qui permet d’évacuer l’urine.

Quel est le rôle du périnée pour limiter les fuites urinaires ?

Le périnée est constitué d’un ensemble de muscles en forme de hamac tendu entre le pubis et le coccyx. Sur celui-ci, repose les organes du bas ventre : la vessie, l’utérus et le rectum.

Le périnée joue un rôle de verrou. Il se contracte en dehors de la miction. Parfois lors d’un effort, il peut ne pas se contracter suffisamment et se relâcher. Cela induira une fuite d’urine. On parlera d’incontinence urinaire d’effort.

Schema de la vessie et du périnée

Quels facteurs favorisent l’incontinence urinaire ?

Les facteurs favorisant l’incontinence urinaire chez la femme sont multiples et parfois traitables :

  • La constipation : les efforts de poussées lors de la défécation augmentent la pression intra-abdominale et vont retentir sur les muscles du plancher pelvien.
  • La toux chronique : par le même principe.
  • Le surpoids : le plancher pelvien est affaiblit suite à la surcharge pondérale qui augmente la pression intra-abdominale.
  • Certaines activités sportives et professionnelles : le port de charges lourdes ou la pratique de certains sports comme le CrossFit induisent les poussées intra-abdominales importantes.
  • Une mauvaise habitude hydrique : excès de consommation d’eau.
  • Une consommation de thé et de caféine (café, sodas) : ils excitent la vessie.
  • La ménopause : elle induit une atrophie et donc une faiblesse des tissus.
  • La grossesse et l’accouchement : les grossesses augmentent la pression intra-abdominale.

À qui s’adresser si je remarque des problèmes?

STOP au sujet tabou ! Si vous remarquez ce problème, il faut en parler à votre médecin traitant, à votre gynécologue ou à votre sage-femme pour envisager une prise en charge adaptée.

Il vous orientera vers un gynécologue ou urologue spécialisé et cela en plus d’un kinésithérapeute si besoin. Rassurez vous, des traitements et solutions thérapeutiques existent toujours, quel que soit le type d’incontinence urinaire.

Quels que soient notre âge, notre situation personnelle, nous pouvons toutes être amenées à souffrir d’incontinence urinaire à un moment de notre vie. Contrairement à une idée reçue, cela ne touche pas “que” les femmes âgées et les femmes venant de vivre une grossesse.

Alors pour prévenir leur apparition, commencez à prendre soin de votre périnée dès maintenant !

 

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